La France dispose de l'un des cadres juridiques les plus complets au monde en matière de droit du travail. Pour une entreprise étrangère qui s'implante, la courbe d'apprentissage est abrupte : les contrats sont réglementés par la loi, la durée du travail est plafonnée, les licenciements suivent une procédure stricte et les salariés bénéficient d'avantages obligatoires qui n'existent pas dans la plupart des autres pays.
Ce guide s'adresse spécifiquement aux employeurs étrangers qu'ils soient américains, britanniques, européens ou asiatiques, qui ont besoin de comprendre rapidement et précisément le système français. Chaque section renvoie à un article dédié pour approfondir le sujet. Considérez-le comme votre carte de navigation.

Qu'est-ce que le droit du travail français ?
Le droit du travail français régit tous les aspects de la relation entre un employeur et un salarié travaillant en France, quelle que soit la nationalité ou le pays d'immatriculation de l'employeur. Si vous embauchez quelqu'un en France, le droit français s'applique, même si votre entreprise est basée à New York, Londres ou Singapour.
Le Code du travail
Le Code du travail est la source principale du droit du travail français. Il s'agit d'un texte législatif très étendu qui couvre les contrats, la durée du travail, les salaires, la santé et la sécurité, les licenciements et la représentation des salariés. Il est régulièrement mis à jour, notamment par la réforme des retraites de 2023 et les modifications de 2024 sur l'acquisition des congés pendant les arrêts maladie.
Le Code du travail fixe des standards minimaux. Les employeurs peuvent toujours accorder des conditions plus favorables aux salariés ; ils ne peuvent pas en accorder de moins favorables. Ce principe, appelé principe de faveur, irrigue l'ensemble du droit du travail français.
Les conventions collectives et leur primauté
Entre les accords d'entreprise et le Code du travail se situent les conventions collectives. Ce sont des accords de branche négociés entre les organisations patronales et les syndicats, qui s'appliquent automatiquement à toutes les entreprises du secteur concerné.
Les conventions collectives fixent souvent des standards plus élevés que le Code du travail : préavis plus longs, indemnités de licenciement plus importantes, congés annuels plus généreux. Identifier la convention collective applicable à votre entreprise est l'une des premières étapes lors d'une embauche en France. Une erreur sur ce point peut vous exposer à des demandes devant le Conseil de prud'hommes.
Les sources du droit : Constitution, droit européen, conventions collectives, accords d'entreprise
Le droit du travail français s'articule autour de quatre niveaux : la Constitution (qui garantit le droit au travail et à l'action syndicale), les directives européennes (notamment sur le temps de travail, le congé parental et la non-discrimination), les conventions collectives et les accords d'entreprise. Ces niveaux interagissent, et peuvent entrer en conflit. En cas de doute, la disposition la plus favorable au salarié prévaut.

Les contrats de travail en France
Tout salarié en France doit disposer d'un contrat de travail écrit. Les accords verbaux sont juridiquement risqués et, pour certains types de contrats, nuls de plein droit.
Le CDI: La norme par défaut
Le contrat à durée indéterminée (CDI) est la forme de droit commun du contrat de travail en France. Il n'a pas de terme fixé. Un employeur qui souhaite recourir à un autre type de contrat doit disposer d'une justification spécifique reconnue par la loi.
Le CDI ne peut pas être rompu sans motif. Le licenciement suit une procédure stricte (voir la section Rupture du contrat ci-dessous). Cette protection offre aux salariés français un niveau de sécurité de l'emploi qui surprend souvent les employeurs étrangers habitués à des systèmes de rupture à volonté.
Le CDD: Usages et limites
Le contrat à durée déterminée (CDD) est un contrat temporaire. Il ne peut être utilisé que dans des cas précisément définis par la loi : remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, travail saisonnier ou certaines missions spécifiques. Utiliser un CDD là où un CDI serait adapté est illégal et peut entraîner la requalification du contrat en CDI par le Conseil de prud'hommes.
Le CDD a une durée maximale (en général 18 mois, renouvelable une fois). À son terme, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat égale à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant la durée du contrat.
Pour une comparaison complète des deux types de contrats, règles de renouvellement, conditions de conversion et risques liés à un mauvais usage, consultez notre article sur le CDD et le CDI en France.
La période d'essai
La plupart des contrats de travail comportent une période d'essai pendant laquelle l'une ou l'autre des parties peut rompre le contrat avec un préavis réduit. Les durées maximales sont fixées par la loi : 2 mois pour les employés, 3 mois pour les techniciens et agents de maîtrise, 4 mois pour les cadres, bien que les conventions collectives puissent les réduire. La période d'essai peut en général être renouvelée une fois si la convention collective applicable le prévoit.
Pour connaître l'ensemble des règles applicables pendant la période d'essai, consultez notre guide sur la période d'essai en France.

Durée du travail et congés
Les règles françaises en matière de temps de travail comptent parmi les caractéristiques les plus distinctives du droit du travail. Elles sont aussi parmi les plus mal comprises des employeurs étrangers.
La semaine de 35 heures et les RTT
La durée légale du travail en France est de 35 heures par semaine, instaurée par les lois Aubry de 2000. Dans les faits, de nombreux salariés, notamment dans les services professionnels, travaillent davantage. Le mécanisme utilisé est la réduction du temps de travail (RTT) : des jours de repos supplémentaires accordés en compensation des heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine, dans la limite d'un plafond annuel défini par accord.
Les cadres en convention de forfait en jours relèvent d'un régime différent : leur temps de travail n'est pas décompté en heures mais en jours (en général 218 jours par an). Ce système échappe à la règle des 35 heures, mais il s'accompagne de ses propres obligations.
Pour une explication détaillée du fonctionnement de la semaine de 35 heures et de la mise en place d'un accord de temps de travail, lisez notre article sur la durée du travail en France. Pour les RTT spécifiquement, consultez les RTT expliqués.
Les heures supplémentaires
Les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine sont des heures supplémentaires. Les 8 premières heures supplémentaires (heures 36 à 43) ouvrent droit à une majoration de 25 %. Au-delà de 43 heures, la majoration passe à 50 %. Des plafonds annuels s'appliquent. Les conventions collectives fixent souvent des taux différents, vérifiez toujours la convention applicable.
Consultez notre article complet sur les heures supplémentaires en France.
Les congés payés : 5 semaines minimum
Tout salarié en France a droit à un minimum de 25 jours ouvrés (5 semaines) de congés payés par an, acquis à raison de 2,08 jours par mois de travail. Certaines conventions collectives accordent des jours supplémentaires. Les cadres ou les salariés en forfait jours peuvent acquérir leurs congés selon des modalités différentes.
Un changement majeur est entré en vigueur en 2024 : les salariés acquièrent désormais des congés payés pendant leurs arrêts maladie, conformément au droit européen. Cette évolution a des implications rétroactives pour les employeurs. Notre article sur les congés payés en France couvre à la fois les règles habituelles et la réforme de 2024.
Les jours fériés (11 par an)
La France compte 11 jours fériés nationaux. Le 1er mai (Fête du Travail) est le seul pour lequel les salariés ont légalement droit à un jour de repos, tous les autres dépendent des règles de l'entreprise ou de la convention collective applicable. Dans les faits, la grande majorité des employeurs accordent les 11 jours.

Salaires et paie en France
La France dispose à la fois d'un salaire minimum légal et d'un système de cotisations sociales complexe. Maîtriser les deux est indispensable pour établir des prévisions budgétaires fiables.
Le SMIC
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) est le salaire minimum légal, révisé chaque année. Au 1er juin 2026, il s'élève à 12,31 € brut de l'heure (soit environ 1 867,02 € brut par mois pour un salarié à temps plein), selon le ministère du Travail. Aucun salarié en France ne peut être rémunéré en dessous du SMIC, quel que soit son type de contrat, sa convention collective ou tout accord d'entreprise.
Les employeurs étrangers sous-estiment souvent le coût total de la rémunération en France. Le SMIC est le plancher ; les conventions collectives de branche imposent fréquemment des minima supérieurs, parfois significativement.
Pour connaître le taux actuel du SMIC et ses implications sur votre budget de recrutement, consultez notre article sur le SMIC en 2026.
Les cotisations patronales (~45 % du salaire brut)
C'est le chiffre qui surprend le plus les employeurs étrangers. En plus du salaire brut du salarié, l'employeur verse des cotisations sociales couvrant l'assurance maladie, les retraites, l'assurance chômage, les allocations familiales et la couverture accidents du travail. Le taux global des cotisations patronales représente environ 45 % du salaire brut, mais le montant exact varie selon le secteur, la taille de l'entreprise, le niveau de salaire et la convention collective applicable.
Pour une entreprise américaine du secteur technologique ouvrant un bureau à Paris, un salaire brut de 40 000 € représente un coût total d'emploi d'environ 58 000 à 60 000 € par an, cotisations patronales incluses. Il s'agit d'un chiffre de planification, le détail exact doit toujours être calculé au regard de la convention collective applicable et des taux en vigueur.
Pour une explication complète de chaque ligne de cotisation, consultez notre article sur les charges sociales en France.
Les cotisations salariales (~20-23 %)
Les salariés contribuent eux aussi au système de protection sociale, par des cotisations directement déduites du salaire brut. Elles couvrent la santé, la retraite, le chômage et les régimes de prévoyance complémentaire. Le ratio net/brut en France est d'environ 75 à 80 %, ce qui signifie qu'un salaire brut de 40 000 € correspond à environ 30 000 à 32 000 € nets par an.
Le bulletin de paie
Le bulletin de paie est obligatoire et doit être remis chaque mois. C'est un document détaillé qui liste chaque ligne de cotisation, la convention collective applicable, la classification et le coefficient du salarié. Pour les responsables RH étrangers qui découvrent le bulletin de paie français, le format peut être déroutant.
Notre guide sur le bulletin de paie français expliqué décrypte chaque rubrique.

Arrêt maladie et congés parentaux
Le système de congés français est étendu. Les employeurs doivent distinguer leurs obligations légales de ce que couvre la Sécurité Sociale, les deux ne se confondent pas.
Arrêt maladie : délai de carence, indemnisation Sécurité Sociale et maintien de salaire par l'employeur
Lorsqu'un salarié est en arrêt maladie, il perçoit des indemnités journalières de la Sécurité Sociale, sous réserve d'un délai de carence de 3 jours. La Sécurité Sociale couvre 50 % du salaire journalier de référence, dans la limite de 1,8 fois le SMIC.
La plupart des conventions collectives imposent à l'employeur de compléter ces indemnités pour maintenir un pourcentage du salaire habituel du salarié pendant une durée définie. Le seuil d'ancienneté requis et la durée du maintien varient selon la convention applicable.
Congé maternité : 16 semaines minimum, indemnisé
Les salariées ont droit à au moins 16 semaines de congé maternité (6 semaines avant la date prévue d'accouchement, 10 semaines après), indemnisées par la Sécurité Sociale. À partir du troisième enfant, le congé est porté à 26 semaines. L'employeur est tenu de conserver le poste de la salariée ; il ne peut pas la licencier pendant son congé maternité.
Congé paternité : 25 jours minimum
Depuis 2021, le congé de paternité et d'accueil de l'enfant est de 25 jours calendaires (32 jours en cas de naissances multiples), indemnisé par la Sécurité Sociale. Les 4 premiers jours sont obligatoires (l'employeur ne peut pas y déroger). Cette règle s'applique à tous les employeurs, quelle que soit leur taille ou leur secteur.
La réforme de 2024 : acquisition de congés payés pendant les arrêts maladie
L'une des évolutions les plus significatives du droit du travail français récent : depuis 2024, les salariés acquièrent des congés payés pendant leurs arrêts maladie, conformément à un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne de 2012. Cette réforme a des effets rétroactifs, les salariés peuvent, dans certains cas, réclamer des congés non pris acquis lors d'arrêts maladie sur plusieurs années.
Pour tout savoir sur le congé maternité, le congé paternité et les congés parentaux, consultez notre article sur les congés maternité et paternité en France.

Les avantages salariés obligatoires
Au-delà du salaire et des congés, la loi française oblige les employeurs à fournir plusieurs avantages sociaux. Ces obligations ne sont pas négociables, et sont fréquemment ignorées par les employeurs étrangers jusqu'à ce qu'ils se retrouvent face à un contrôle de conformité.
La mutuelle obligatoire (prise en charge employeur à 50 % minimum)
Tout employeur en France doit proposer une complémentaire santé collective et prendre en charge au moins 50 % de la cotisation. La couverture doit respecter un niveau minimal fixé par la loi (contrat responsable). Les salariés ne peuvent se soustraire à cette obligation que dans des cas très limités (par exemple, s'ils sont déjà couverts en tant qu'ayant droit).
La mutuelle s'ajoute à l'assurance maladie de base de la Sécurité Sociale, elle ne la remplace pas. Elle couvre la partie non remboursée par le régime obligatoire : dentaire, optique, dépassements d'honoraires.
Pour comprendre en détail l'articulation entre régime obligatoire, mutuelle et prévoyance, consultez notre page dédiée à la mutuelle et à la prévoyance. La prévoyance constitue une obligation employeur distincte de la complémentaire santé.
La prise en charge des transports (50 % abonnement transports en commun)
Les employeurs sont tenus de rembourser 50 % du coût de l'abonnement aux transports en commun de leurs salariés (pass Navigo à Paris, équivalent dans les autres villes). Cette obligation s'applique sans exception à tous les salariés. Pour les salariés utilisant leur véhicule personnel, les règles diffèrent et dépendent de l'accessibilité aux transports en commun.
Les titres-restaurant (facultatifs mais incontournables)
Les titres-restaurant ne sont pas imposés par la loi, mais ils sont tellement répandus dans la culture d'entreprise française que ne pas les proposer dans les secteurs où ils sont la norme peut nuire à l'attractivité de l'employeur. La part patronale (entre 50 % et 60 % de la valeur faciale) est exonérée de cotisations sociales dans la limite d'un plafond journalier.
Pour tous les détails sur les règles, les valeurs faciales et le traitement fiscal des titres-restaurant, consultez notre page dédiée aux avantages en nature en France.
Les dispositifs de participation et d'intéressement
Les entreprises de 50 salariés et plus sont légalement tenues de mettre en place un accord de participation aux résultats. Un dispositif distinct et volontaire, l'intéressement, lie des primes à la performance de l'entreprise et bénéficie d'un traitement social avantageux.
Depuis le 1er janvier 2025, l'obligation ne s'arrête plus à 50 salariés. En application de la loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur, une entreprise de 11 à 49 salariés qui a réalisé un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % de son chiffre d'affaires pendant trois exercices consécutifs doit également mettre en place un dispositif de partage de la valeur. L'employeur choisit librement entre quatre options : un accord de participation, un accord d'intéressement, un abondement sur un plan d'épargne salariale (PEE, PEI, PERCO ou PERECO), ou le versement d'une prime de partage de la valeur (PPV). La mesure s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, à titre expérimental pour cinq ans (source : Code du travail numérique).
Si votre effectif en France approche 11 salariés, ce point mérite d'être anticipé : la condition de bénéfice s'apprécie sur trois exercices, l'obligation peut donc se déclencher sur des résultats déjà clôturés.
Pour une explication complète du fonctionnement de ces dispositifs et de leur mise en place, consultez notre article sur la participation et l'intéressement en France.

Rupture du contrat de travail en France
Les règles françaises en matière de rupture du contrat de travail comptent parmi les plus protectrices d'Europe. Les comprendre avant d'embaucher, et non après, est indispensable. Une erreur de procédure lors d'un licenciement peut déboucher sur une demande devant le Conseil de prud'hommes et une exposition financière significative.
Les motifs de licenciement : personnel ou économique
Le licenciement en France doit reposer sur une cause réelle et sérieuse. Deux catégories existent :
- Motif personnel : faute (légère, grave ou lourde), insuffisance professionnelle ou inaptitude physique. Chaque sous-catégorie obéit à ses propres règles et procédures.
- Motif économique : difficultés économiques avérées, mutations technologiques ou réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité. Le licenciement économique génère des obligations supplémentaires, notamment un droit de priorité de réembauche au profit du salarié concerné.
La procédure de licenciement (entretien préalable, préavis, lettre)
Tout licenciement suit une procédure obligatoire :
- Convocation à l'entretien préalable, notifiée par lettre recommandée ou remise en main propre
- Tenue de l'entretien préalable, au cours duquel le salarié peut être assisté d'un collègue ou d'un représentant syndical
- Délai de réflexion minimum de 2 jours ouvrables
- Envoi de la lettre de licenciement par lettre recommandée, motivant les raisons du licenciement
L'omission d'une étape, ou une formulation inadaptée dans la lettre de licenciement, peut rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse, indépendamment des faits reprochés.
Les délais de préavis
Les durées minimales légales de préavis sont les suivantes :
- Moins de 6 mois d'ancienneté : à convenir entre les parties (24 heures minimum dans les faits)
- De 6 mois à 2 ans d'ancienneté : 1 mois
- Plus de 2 ans d'ancienneté : 2 mois
- Cadres : souvent 3 mois en vertu des conventions collectives
Les conventions collectives prévoient fréquemment des durées plus longues. Vérifiez toujours. Consultez notre article complet sur le préavis en France.
L'indemnité de licenciement
Les salariés licenciés (sauf en cas de faute grave ou lourde) ont droit à une indemnité de licenciement dès lors qu'ils justifient d'au moins 8 mois d'ancienneté. Le taux légal est le suivant :
- 1/4 de mois de salaire de référence par année d'ancienneté pour les 10 premières années
- 1/3 de mois de salaire de référence par année au-delà de 10 ans
Les conventions collectives prévoient souvent des taux plus élevés. Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne mensuelle des 3 derniers mois et celle des 12 derniers mois.
La rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle est un dispositif spécifiquement français permettant à l'employeur et au salarié de convenir ensemble de la fin du contrat de travail. Il ne s'agit ni d'un licenciement ni d'une démission, c'est une procédure juridique distincte, impliquant la signature d'une convention, une homologation administrative par la DREETS et un délai de rétractation.
L'avantage clé : le salarié conserve le droit de percevoir des allocations chômage, ce qu'il perdrait en cas de démission. Pour l'employeur, ce dispositif évite le caractère conflictuel d'une procédure de licenciement lorsque la séparation est réellement consentie par les deux parties.
Rupture conventionnelle ou licenciement ? Lorsque les deux parties souhaitent se séparer sans contentieux, la rupture conventionnelle est en général préférable. Lorsque l'employeur doit agir sur des faits fautifs, le licenciement pour motif personnel est la voie adaptée.
Pour un guide complet des procédures et une comparaison des deux options, consultez nos articles sur le licenciement en France et la rupture conventionnelle en France. Le service de gestion des ruptures de contrat d'HReact couvre l'ensemble du processus, de bout en bout.

Représentation du personnel et syndicats
La représentation du personnel est un élément structurant du droit du travail français, et non une option. Elle devient obligatoire à partir de 11 salariés.
Le CSE: Obligatoire à partir de 11 salariés
Le Comité Social et Économique (CSE) est l'instance unique de représentation du personnel en France, introduite par les ordonnances Macron de 2017 (en remplacement du CE, du CHSCT et des DP). Il est obligatoire dans toute entreprise d'au moins 11 salariés.
Le rôle du CSE varie selon la taille de l'entreprise :
- 11 à 49 salariés : le CSE traite des réclamations individuelles et des questions de santé et de sécurité
- 50 salariés et plus : le CSE dispose de droits étendus de consultation sur les questions économiques, sociales et environnementales, notamment en matière de restructuration, de conditions de travail, de formation et de stratégie
Les employeurs étrangers qui créent une filiale en France et atteignent le seuil de 11 salariés disposent d'un an pour organiser les élections du CSE. Le défaut d'organisation des élections expose à une responsabilité pénale. Le CSE doit être consulté avant un large éventail de décisions importantes, licenciements, modification des horaires, restructuration.
Les syndicats en France : rôle et influence
La France compte cinq syndicats représentatifs au niveau national : CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC. Le taux de syndicalisation est faible par rapport aux standards européens (environ 8 %), mais les syndicats exercent une influence disproportionnée par leur rôle dans la négociation collective.
Même si aucun salarié de votre entreprise n'est syndiqué, vous restez lié par la convention collective négociée par les syndicats de votre branche. Un délégué syndical peut être désigné dans toute entreprise de 50 salariés et plus ; il bénéficie de protections légales spécifiques.
Les conventions collectives : comment elles s'appliquent à votre entreprise
La convention collective applicable est déterminée par l'activité principale de votre entreprise (code APE/NAF attribué par l'INSEE à l'immatriculation). Vous ne pouvez pas choisir votre convention collective, et il n'est pas toujours évident de savoir laquelle s'applique sans vérification.
Les conventions collectives couvrent : les grilles de salaires minimaux, les classifications professionnelles, les préavis, les taux d'indemnité de licenciement, les congés supplémentaires et les aménagements du temps de travail. Pour les employeurs étrangers, identifier la convention collective applicable n'est pas une option, c'est un prérequis de conformité.
Le service de conseil en relations sociales et CSE d'HReact couvre l'identification de la convention applicable, la gestion des élections du CSE et le soutien aux consultations obligatoires. Pour un éclairage sur le paysage syndical, consultez notre article sur les syndicats en France.

Titres de séjour et autorisation de travail pour les ressortissants non européens
Si vous embauchez des ressortissants non européens en France, des obligations supplémentaires en matière d'immigration s'ajoutent au droit du travail.
Ressortissants de l'UE/EEE : aucune autorisation requise
Les ressortissants des États membres de l'UE et de l'EEE (ainsi que de la Suisse) ont le droit de travailler en France sans titre de travail. Ils doivent signaler leur présence s'ils séjournent plus de 3 mois, mais l'employeur n'a aucune obligation spécifique en matière d'immigration.
Ressortissants non européens : sponsoring employeur
L'embauche d'un ressortissant non européen nécessite que l'employeur obtienne une autorisation de travail auprès des autorités, avant l'arrivée du salarié en France. La procédure implique de démontrer que le poste ne peut pas être pourvu par un ressortissant européen, de payer une taxe OFII à la charge de l'employeur, et d'accomplir une démarche administrative spécifique pouvant prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Les catégories de titres les plus courantes pour les travailleurs qualifiés sont :
- Passeport talent : pour les travailleurs hautement qualifiés, investisseurs et chercheurs. Voie la plus rapide, valable jusqu'à 4 ans
- Salarié : voie standard pour les autres profils
Pour un guide pas à pas de la procédure, consultez notre article sur l'autorisation de travail en France, guide employeur.
Les ressortissants britanniques après le Brexit
Depuis le 1er janvier 2021, les ressortissants britanniques sont traités comme des ressortissants de pays tiers pour les questions d'immigration. Ils doivent obtenir un titre de travail pour exercer une activité en France, sauf s'ils disposent d'un titre de séjour français antérieur. Les ressortissants britanniques résidant en France avant le 31 décembre 2020 peuvent être titulaires d'un titre de séjour délivré dans le cadre de l'accord de retrait, qui leur confère le droit de continuer à travailler.

Comment HReact vous accompagne dans la gestion du droit du travail français
Pour une entreprise étrangère, la combinaison d'un Code du travail complexe, de conventions collectives de branche, d'instances représentatives obligatoires et de procédures de rupture strictes fait de la France une juridiction difficile à gérer en interne, en particulier si votre équipe RH n'a aucune expérience préalable du droit français.
HReact est spécialisé dans cette situation précise. Nous accompagnons les entreprises étrangères qui recrutent en France pour la première fois, ou qui développent leur entité française sans infrastructure RH locale. Nos services couvrent l'ensemble du cycle de vie du droit du travail :
- Paie et cotisations sociales : traitement de la paie, production des bulletins et déclarations sociales, voir notre service de gestion RH au quotidien
- Paie externalisée pour les entreprises en phase d'implantation : gérez la paie et les obligations employeur en France sans constituer une équipe RH interne, voir notre service de paie externalisée
- Aménagement du temps de travail : mise en place d'accords 35 heures, RTT, forfait jours et annualisation, voir notre service d'organisation du temps de travail
- Relations sociales et représentation : élections du CSE, identification de la convention collective, relations syndicales, voir notre service relations sociales
- Gestion des ruptures de contrat : de la procédure préalable au licenciement à l'homologation de la rupture conventionnelle, voir notre service de gestion des ruptures
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